Le président congolais a annoncé qu’il signerait bien le cadre régional d’intégration économique, mais sous une condition ferme. Pour lui, l’intégration ne peut se faire « que lorsque le Rwanda aura totalement quitté le sol congolais ».

Le 7 novembre 2025, la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont paraphé le texte intégral du nouveau cadre d’intégration économique régionale (CIER), à Washington, un pilier de l“Accord de paix” signé à l’été. Cependant, cet accord devait rester en suspens en attendant la mise en œuvre concrète des conditions de sécurité, notamment le retrait des troupes rwandaises accusées de soutenir les rebelles dans l’est de la RDC. Ce qui change aujourd’hui : le président congolais confirme son intention de signer définitivement le cadre économique, mais à condition que Kigali cesse toute présence militaire sur le territoire congolais. Il affirme que « la souveraineté de la RDC ne se négocie pas » et que toute intégration régionale doit respecter l’intégrité du pays.

Cette initiative pourrait constituer le prélude à une reconfiguration économique majeure de l’espace régional, en suscitant une intensification des flux commerciaux, une redynamisation structurelle des infrastructures et une exploitation plus méthodique des gisements stratégiques. Pour d’autres, toutefois, la condition imposée par Kinshasa revêt les allures d’un véritable ultimatum, une mise en demeure explicite adressée à Kigali, dans un contexte où la conflictualité persistante à l’Est et l’opacité des enjeux sécuritaires semblent rendre toute résolution immédiate illusoire.

Dans ce climat d’équilibrisme diplomatique, la marge de manœuvre demeure étroitement limitée. Advenant que le Rwanda se conforme scrupuleusement aux injonctions congolaises — à savoir le retrait intégral de ses contingents et le rétablissement sans ambages de la souveraineté territoriale de la RDC — le cadre pourrait être ratifié, ouvrant potentiellement la voie à une inflexion historique pour la région. À défaut, le CIER risquerait de demeurer une construction théorique, vouée à l’inertie, tandis que la défiance réciproque s’enracinerait davantage dans le paysage politique régional.