Dans une déclaration choc publiée sur X (ex-Twitter), le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a dénoncé ce qui s’apparente à un nouveau drame humanitaire dans la région de Rubaya, au Nord-Kivu. Selon lui, plus de 600 Congolais auraient perdu la vie en l’espace de 40 jours dans des éboulements survenus sur des sites miniers exploités de manière sauvage sous le contrôle présumé du Rwanda et de la rébellion du M23.

« Ce que nous avons observé est extrêmement grave », a affirmé Patrick Muyaya. Le ministre de la Communication et des Médias pointe du doigt une « exploitation sauvage » organisée dans des conditions dangereuses, en pleine saison des pluies, malgré les risques évidents d’éboulement. Il dénonce une stratégie délibérée de prédation où la vie des populations locales est sacrifiée au profit de l’extraction illégale de minerais.

"« Coltan du sang » : enquête sur les acheteurs"

Le gouvernement congolais ne compte pas en rester là. Selon le porte-parole, les ministères de la Justice et des Mines sont déjà à l’œuvre pour identifier les acheteurs de cette production qualifiée de « coltan du sang ». L’objectif est double : exposer publiquement les réseaux d’approvisionnement et engager des actions judiciaires à leur encontre.

« Nous travaillons avec le ministère de la justice, des mines à retracer tous les acheteurs de ce coltan du sang afin de les exposer et d’ouvrir des actions judiciaires », a-t-il écrit, soulignant que la zone de Rubaya est officiellement classée « rouge », c'est-à-dire interdite à toute forme d'exploitation.

"Le cynisme comme mode opératoire"

Au-delà du bilan humain, c’est l’attitude des groupes armés que le ministre a voulu fustiger. Il dénonce le cynisme d’une exploitation qui se poursuit « malgré les risques », transformant les collines de Rubaya en charniers à ciel ouvert.

« Il y a une volonté de prédation qui dicte tous les actes, y compris des actes qui exposent dangereusement des vies. Et même quand on compte des centaines de morts, cela n’est jamais suffisant », a-t-il martelé.

Cette nouvelle sortie du gouvernement congolais intervient alors que les tensions restent vives dans l’est de la RDC, où les groupes armés se disputent le contrôle de zones minières stratégiques. Les minerais, notamment le coltan, essentiel à la fabrication des composants électroniques dans le monde, sont au cœur de ce conflit que Kinshasa qualifie désormais ouvertement de « guerre de prédation » impliquant son voisin rwandais.

Les autorités congolaises appellent à la mobilisation nationale, comme en témoignent les mots-dièse #CongolaisTelema (Congolais, debout) et #ToutPourLaPatrie qui accompagnent la déclaration.







La rédaction